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Une raison de s'accrocher

  • 8 juil. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 oct. 2025

Rosie avait toujours été une petite fille heureuse. Sa maison était pleine d’animations et de rires. Sa mère Julie, infirmière à l'hôpital du 13ème arrondissement de Paris, était une femme bienveillante, souriante et aimée de tous. La mère et la fille passaient la plupart de leurs week-ends à préparer des cookies, à jouer à des jeux marrants ou à se promener au parc du quartier. Chaque soir, Rosie adorait que sa mère la borde en lui racontant des histoires passionnantes et magiques. Tout était parfait à ses yeux, jusqu'au jour où ce ne fut plus le cas.


Deux meilleures amies qui jouent au ballon.

Tout avait commencé lorsque sa mère avait perdu son emploi à l'hôpital. Rosie ne comprenait pas grand-chose, mais elle pouvait lire la tristesse dans les yeux de sa mère. Au début, celle-ci lui avait dit qu'elle était simplement fatiguée, mais au fil des semaines, tout avait l'air d'empirer. Rosie avait remarqué que sa mère restait plus longtemps au lit et qu'elle ne riait plus autant. Les rendez-vous cookies du week-end étaient de moins en moins honorés et les sorties au parc avaient complètement cessé.


Rosie, qui n'avait que dix ans, faisait de son mieux pour aider sa maman. Elle rangeait sa chambre, faisait ses devoirs, pliait le linge propre et préparait de petits sandwichs pour le déjeuner. Malheureusement, quoi qu'elle fasse, cela ne semblait pas lever le brouillard qui s'était installé dans leur appartement. Parfois, lorsque Rosie jetait un coup d'œil dans la chambre de sa mère, elle la trouvait recroquevillée dans son lit, les yeux rougis par les larmes ou assise en regardant le vide, comme si elle réfléchissait.

Rosie se sentait impuissante. Elle regrettait le bon vieux temps, quand sa mère était heureuse et que les choses semblaient normales. Son oncle, la seule figure paternelle de sa vie devait l'emmener à l'école dorénavant, car sa mère ne pouvait plus se réveiller à temps pour y être à l'heure. Oncle Jordan ne disait pas grand-chose, mais Rosie voyait bien qu'il était inquiet lui aussi. Chaque jour, Rosie espérait que les choses redeviendraient comme avant.


Un après-midi, après l'école, Rosie jouait au parc avec sa meilleure amie Emma. Elles étaient assises sur les balançoires, parlant de leur future rentrée en 6ème et de leur dernière évaluation de mathématiques, quand Rosie n'avait finalement plus pu se retenir.


« Ma maman pleure tous les jours maintenant », avait-elle dit à voix basse. « Elle reste au lit tout le temps, et mon oncle Jo’ doit m'emmener à l’école le matin depuis des semaines. »

Emma s'était arrêtée de se balancer en regardant sa meilleure amie, les yeux écarquillés. « Pourquoi est-elle si triste ? » avait-elle demandé.

« Je ne sais pas », avait répondu Rosie en haussant les épaules, sentant les larmes lui monter aux yeux. « Elle a perdu son travail et maintenant, elle n'est plus la même. »

Emma n'avait rien dit au début, mais plus tard dans la soirée, elle en avait parlé à sa propre mère. La mère d'Emma, Aude Valleray, avait toujours été sensible à ce type de sujet et quand elle a entendu parler de la mère de Rosie, elle sue qu'elle devait faire quelque chose.


Le lendemain, Mme Valleray était venue chez Rosie. Celle-ci lui avait ouvert la porte, surprise de la voir. Mme Valleray avait souri et lui avait demandé si elle pouvait parler à sa mère un petit moment. Rosie l'avait conduite dans la chambre, où sa mère était allongée, puis elle était allée rejoindre Emma sur le balcon, afin de leur laisser un moment privé. Rosie ne savait pas trop de quoi elles avaient parlé, mais après une longue conversation, sa mère avait accepté de se faire aider.


Quelques jours plus tard, la mère de Rosie avait commencé une psychothérapie avec une psychologue assez sympathique. Au début, Rosie ne comprenait pas ce que cela signifiait et elle savait qu’en tant qu’enfant, elle ne pouvait pas tout savoir non plus, mais peu à peu, elle avait tout de même commencé à remarquer des changements prometteurs. Sa mère avait commencé à sortir du lit plus souvent, et même si elle avait encore des jours tristes, elle souriait un peu plus. Oncle Jo’ n'avait plus besoin de l'emmener à l'école aussi souvent et elles avaient même pu passer un week-end à faire plein de cookies.

Cela avait pris du temps, mais un an après, la situation s'était améliorée. La mère de Rosie avait trouvé un nouvel emploi dans une clinique. Elle suivait toujours sa thérapie et avait pu expliquer à Rosie que cela l'aidait à faire face à d'autres choses qu'elle ressentait, des choses dont Rosie n'avait pas besoin de s’inquiéter à son âge, car tout irait bien mieux.

Rosie était simplement heureuse de voir sa mère plus épanouie. L’appartement n'était plus aussi silencieux maintenant, et même si tout n'était plus exactement comme avant, c'était bien ainsi. Rosie savait que les gens avaient parfois besoin d'aide, même les mamans et que demander de l'aide était la chose la plus courageuse que l'on puisse faire.

Tous les soirs, sa mère la bordait de nouveau, en lui racontant des histoires passionnantes et magiques avec un doux sourire aux lèvres. Le brouillard qui envahissait leur foyer s'était dissipé.


Fin.


Merci pour ta lecture d'Une raison de s'accrocher et à très vite.


Ce récit est une oeuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

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